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Impact dans une seconde

In dessin on 19 novembre 2015 at 09:56

impact dans une secondeC’est une réflexion de jeunes adultes génération Y, totalement enfermés dans leur bulle numérique, déconnectés du réel, en sortant du bus ce matin, qui m’inspire le dessin de ce jour. J’en suis restée sans voix. L’impact est dans une seconde… au sens propre comme au figuré.

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  1. J’aurais pas pu mieux dire, TL.

    Marre des gens qui croient qu’avoir un portable à la main, c’est se couper du monde. Vendredi j’ai su ce qui se passait grâce à ma « bulle numérique » dont vous dites tant de mal.

    Et quand j’ai mon portable à la main, c’est que je suis en train de parler à une amie qui est à l’autre bout de la France, et oui, je préfère parler à mes amis qu’à la petite vieille qui va me raconter la vie de son lapin domestique. Oui. Parce que parler politique, actualité, religion, sentiments, expériences de vie, j’en passe, avec une amie c’est plus enrichissant, et j’emmerde les gens à qui ça ne convient pas. Et ça ne m’empêche pas d’être polie avec la petite vieille et de lui céder ma place dans le bus. J’ai juste des conversations plus importantes à avoir que la pluie et le beau temps.

    Quand j’ai mon portable à la main, je lis la presse parce que je n’ai pas la télé et que de toute façon je ne fais pas confiance à BFMTV et autre chaînes d’info-poubelles.

    Quand j’ai mon portable à la main je lis les derniers articles féministes qui sortent parce que c’est internet qui m’a ouvert l’esprit et m’a fait réfléchir sur la condition de l’être humain dans la société dans laquelle on vit. C’est via mon portable, souvent, que je me frotte à de nouvelles idées qui changent ma vision du monde.

    Quand j’ai mon portable à la main je lis la critique d’un livre que je compte acheter bientôt.

    Quand j’ai mon portable à la main j’envoie un mail pour mon travail.

    Marre de la stigmatisation de la génération Y. La génération Y, elle fait ce qu’elle peut dans le monde que lui ont laissé les générations précédentes. La génération Y est connectée au reste du monde, justement, elle se confronte à des idées nouvelles en permanence, elle essaye de sortir des vieux clivages, avec plus ou moins de succès, mais elle essaye.

    Et enfin croire que toute une putain de génération s’en fout de ce qui s’est passé vendredi juste parce que vous avez entendu UNE remarque d’UNE personne, c’est affreusement condescendant. Et encore, « descendant », je suis pas sûre… Vous avez vu la moyenne d’âge des victimes du Bataclan ? Vous pensez vraiment que notre génération n’en a rien à foutre ??? La jeune de la génération Y que je suis a passé son vendredi soir à chercher des nouvelles de ses potes. La jeune de la génération Y que je suis a passé son samedi, les larmes aux yeux, à chercher des nouvelles de ceux qui n’avaient pas encore répondu. La jeune de la génération Y que je suis a passé son dimanche à consoler des amis endeuillés. La jeune de la génération Y que je suis a passé son lundi à discuter avec d’autres jeunes de la génération Y qui avaient vécu exactement le même week end. Ce sont les jeunes de ma génération qui ont signalé que leurs parents, leurs oncles, leurs tantes, leurs profs, allaient bien sur l’application facebook dédiée, et je suis sûre que vous étiez bien contents, tous, que nous ayons eu ce réflexe.

    Alors ne venez pas me dire que ma génération ne s’intéresse pas aux autres, ne s’intéresse pas à l’actualité, parce que là, clairement, c’est vous qui n’avez pas su regarder autour de vous pour voir la foule de jeunes de la génération Y que vous méprisez tant se démener pour retrouver les uns et les autres, pour rassurer leurs proches, pour consoler leurs amis. C’est vous qui êtes aveugle. C’est vous qui vivez dans une bulle.

  2. Comment cela se passe dans votre bulle ?
    Vous vous rendez compte que la « bulle du numérique » est connectée à plusieurs milliards d’autres personnes ?
    Que les jeunes de la « génération Y » (qui ne sont pas les seuls à avoir des Smartphones, à vrai dire ça n’est même pas pour eux qu’on les a fabriqués) sont ceux qui en première ligne ont découvert ce qu’il se passait vendredi soir ? Parce qu’ils étaient connectés et qu’entre deux textos, tweets, discussions sur Facebook, Tumblr & co, il y a soudain les mots « FusilladeParis » qui sont apparus, et qu’ils ont tous cherché à savoir si eux et leurs amis étaient en sécurité ou même en vie ?

    Je suis une NoLife. Une vraie. Une qui a une période de sa vie a vécu enfermé chez elle avec seulement Internet pour la relier au Monde, parce qu’elle ne supportait pas de vivre à l’extérieur.
    Quand Charlie Hebdo a été attaqué, j’ai été au courant douze minutes après la fusillade. Parce que sur Twitter, des gens se demandaient si c’était bien des tirs que l’on avait entendu dans le quartier. Puis j’ai pu voir des images des journalistes fuyant sur le toit du batiment, puis suivre le fil d’actualité toute la journée, sur tous les médias sociaux ou non.
    Même chose pour le vendredi jusqu’au dénouement à l’HyperCasher.
    Je suis une NoLife, mais je savais ce qu’il se passait quasiment au moment où cela arrivait.

    Je suis une NoLife, alors le 7 janvier, j’ai reçu une invitation d’un « ami d’Internet » pour venir faire une marche à la République, le 10 janvier. Et puis finalement tellement de monde était intéressé qu’elle a été déplacée pour être raccordée le 11, parce que ça arrangeait plus de gens. 4 millions de personnes, dont plein de chefs d’Etats. La petite marche que les NoLife avaient prévu de faire entre eux en invitant leurs autres potes NoLife, jusqu’à ce que des moins NoLife y viennent…

    Je suis une NoLife, alors tous les jours cette année, mon fil d’actualité, mon mur Facebook, mon Dashboard Tumblr m’a appris qu’il y avait des bombardements, des morts, des catastrophes écologiques, des droits bafoués partout dans notre monde. Des invitations à la pelle à se rassembler à faire passer les message, à en discuter. Des choses à faire bouger.

    Je suis une NoLife, alors vendredi soir, quand à même pas 22h quelqu’un à l’atelier d’écriture (avec d’autres jeunes de la Génération Y qui se sont rencontrés via la bulle du numérique) où je me trouvais, s’est écriée « Il y a une fusillade dans le Xè ! », j’ai passé la nuit accrochée à ma bulle numérique. A suivre ce qu’il se passait. A savoir si me trouvant à quelques rues de la Belle Equipe, je risquais de me retrouver entre des feux croisés. A chercher à savoir si mes potes (aussi trouvés sur Internet il y a maintenant 10 ans) qui vivent à côté du petit Cambodge se seraient fait dézinguer parce qu’ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment. J’ai tout de suite cliqué sur « I am Safe » quand Facebook m’a demandé si j’allais bien pour que toute ma famille et mes amis sachent immédiatement que non je n’étais pas en danger, vu que le réseau téléphonique était saturé.
    Puis samedi, je suis rentrée chez moi à 7h du matin. Et j’ai découvert les pasNo-Life qui avaient eu le droit de passer une nuit à dormir, et qui apprenaient à l’arrêt de bus la réalité. Celle que les NoLife s’étaient mangés violemment en direct, avec une masse de béton dans l’estomac.

    Je suis une NoLife, alors samedi, j’ai passé la journée enroulée dans ma couette, assise à mon ordinateur, actualisant en boucle 25 onglets de tous mes médias, sociaux ou non. Partageant les news, rassurant les gens, remerciant ceux autour du monde pour leurs messages, essayant d’expliquer aux trublions américains que non on savait très bien que Beyrouth et l’Irak s’étaient mangés des bombardements peu avant Paris. Car oui, dans la sphère NoLife, les « anti-PrayforParis » sont là depuis samedi. On déconne pas chez nous.
    J’ai aussi découvert peu à peu que je connaissais des gens qui connaissaient des victimes.

    Alors dimanche, en tant que NoLife, je suis restée dans ma bulle, mais cette fois à essayer de remonter le moral des troupes des autres NoLife. En essayant de rire, en partageant tout ce qui apportait de l’espoir. En chattant avec des inconnus à qui j’avais jamais osé adresser la parole. Parce qu’ils en avaient besoin et moi aussi.

    Et je continue, parce que les NoLife ont une vie. Elle est connectée à tellement de personnes qu’il se trouve que nous sommes tout le temps en train de discuter. Nous avons un temps d’avance sur tous ceux qui nous crachent dessus.

    Il n’y a aucune réflexion dans votre dessin. Peu d’inspiration aussi. Peut-être sommes nous enfermés dans notre bulle, mais c’est une bulle de communication. Vous êtes enfermée dans votre bulle de préjugés et de condescendance contre une génération qui a grandit dans un monde sans espoir, mais qui essaye tout de même de le faire vivre, en restant connectés les uns aux autres.

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