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Un jour sur le Tour de France 2014

In dessin on 25 juillet 2014 at 13:29

Etape 8, Tomblaine-Gérardmer, 11 juillet

Pour la troisième fois, Orange m’accueille sur le Tour de France, cette fois tout près de chez moi, puisque la huitième étape part de près de Nancy et se termine à Gérardmer. Je n’ai qu’à traverser la ville en bus, ce samedi matin, pour me trouver au village départ, à Tomblaine. Je retrouve avec plaisir Cécile, ainsi que Charly, Eric et Patrice, les trois anciens coureurs qui sont chauffeurs pour les hôtes d’Orange, et Adrien. Cette année, ce qu’ils me proposent dès que j’arrive à leur stand est très excitant : faire toute l’étape dans le véhicule d’un directeur sportif d’une équipe, à savoir AG2R-la Mondiale. C’est une occasion unique pour moi de suivre la course de l’intérieur, et non de devant comme les fois précédentes.

les vélos sur le toitDanyRendez-vous est donné au bus de l’équipe avec Julien Jurdie, ancien coureur devenu directeur sportif, dans la zone technique du village. Les visiteurs sont nombreux, comme autour de tous les bus, pour observer les derniers préparatifs, voir de près les vélos et les coureurs, parler avec les managers, et surtout collecter photos et autographes. Les coureurs et l’encadrement s’y prêtent avec bonne humeur, ce qui n’est pas le cas de toutes les équipes. A l’heure du départ fictif, nous embarquons dans la voiture, qui porte sur son toit un vélo complet et plusieurs cadres : Julien, le directeur sportif, qui conduit ; à sa droite une autre invitée ; derrière eux, Dany, technicien, et moi, séparés par deux roues calées entre nous.

Nous nous intercalons dans la longue file des véhicules. Il y a beaucoup de monde dans les rues de Tomblaine et les premiers kilomètres de course, en ce samedi matin. Sur cette étape, 3km800 séparent le départ fictif, au village, du départ réel, non loin de la Chartreuse de Bosserville dont on distingue le corps principal et les petits pavillons derrière les arbres. Radio Course checke au niveau du portail. C’est ce canal qui indique tout au long de la course échappées, temps de passage et écarts.

le pelotonIl ne pleut pas encore, mais le temps est gris et menaçant. Les coureurs suivent tout d’abord la vallée de la Meurthe et le canal, jusqu’aux salines. La foule s’agglutine dans les virages et les carrefours. Même les gendarmes prennent photos et selfies au bord de la route, tout en faisant barrage pour empêcher les badauds d’envahir la chaussée.

hélicoptèreTrois kilomètres après le départ réel, le belge Bart De Clercq est déjà en difficulté. Il abandonnera en début d’après-midi. On traverse Varangéville, noire de monde sauf au niveau de l’usine chimique, puis Dombasle, presque déserte sauf en plein centre. On continue par l’ancienne Nationale 4. Nous longeons deux sites importants de la Grande guerre : le bord sud du Grand Couronné, où eut lieu une bataille des frontières en août et septembre 1914, puis l’Auberge des Oeufs Durs, à Anthelupt, où le futur maréchal Foch en train de déjeuner reçut le 27 août 1914 l’ordre de quitter le commandement du XX° Corps pour rejoindre le Quartier Général des Armées. Le ballet des hélicoptères se met en place : ce sont un, puis deux, puis trois, puis quatre, qui nous survolent.

Aucune échappée franche ne se fait dans les tout premiers kilomètres ; en revanche, on compte déjà rapidement des retardataires. Un coureur de l’équipe fait une fringale ; l’autre véhicule va le ravitailler en petites boulettes de riz emballées dans du papier alu. En campagne, les voitures roulent sur deux files, avant ou après le peloton. Dans Lunéville, un panneau jaune annonce qu’il faut rouler sur une seule file. Les virages sont serrés et étroits, une foule nombreuse se presse contre les barrières. Juste après le château, dans un virage à angle droit, des pompiers en exercice escaladent la grande échelle. A Chanteheux, deux jeunes filles agitent un grand calicot portant « Peter Sagan marry me ».

Blel Kadri et Niki Terpstra à la jonctionQuelques kilomètres plus loin, la première attaque sérieuse démarre. Deux coureurs, Sylvain Chavanel (IAM) et Niki Terpstra (Omega Pharma-Quick Step), se détachent en plusieurs à-coups. Six, puis bientôt seulement trois autres, Blel Kadri (AG2R), Adrien Petit (Cofidis) et Simon Yates (Orica Greenedge), qui est le meilleur grimpeur des trois a priori, se mettent à leur poursuite. Le train a accéléré, d’autant que le vent est favorable et pas encore trop marqué. Le peloton se scinde, avec trente coureurs distancés. Les trois rejoignent les deux, formant échappée à cinq. L’écart augmente peu à peu, dix secondes, trente, une minute, puis deux assez rapidement. Blel Kadri a une belle carte à jouer : il est depuis plusieurs jours le plus combatif sur ce Tour, il n’a qu’un point de retard sur le leader du maillot à pois de meilleur grimpeur, et, comme il le dit à Julien, il « a les jambes ». Six hommes partis en contre-attaque sont rapidement repris par le peloton entre Croismare, où elle se forme, et Marainviller, où elle est déjà avalée. « Départ rapide », commente Julien.

routerouteDe la voiture de Julien, on voit dans les courbes le peloton s’étirer un petit kilomètre devant nous. Dans Marainviller, sur le bord de la route, deux pompiers soignent un vieil homme qui a sans doute fait un malaise. Thiébauménil a organisé un pique-nique géant dont les participants applaudissent chaleureusement au passage de la course. A Hablainville, c’est une ronde de tracteurs qui accueille les coureurs. Juste avant Bénaménil, le maillot jaune s’arrête pour se soulager au bord de la route, suivi d’une bonne partie du peloton. Christophe Riblon, qui bougonnait déjà dans sa barbe au bus et au départ ce matin, est de mauvaise humeur.

Au kilomètre 35, l’écart est d’une minute 45 ; Julien commence à remonter le peloton vers la tête de la course avec la voiture, à grande vitesse, en klaxonnant à petits coups presque à continu. C’est très impressionnant lorsqu’on est passager, car on passe à la fois très près des coureurs, qui s’écartent sitôt qu’ils nous entendent, et des accotements, qui heureusement sont ici plans et stables.

Blel KadriBlel Kadri et Julien JurdieBlel KadriDevant le peloton, on trouve trois intercalés avant le petit groupe d’échappés. En quelques kilomètres de faux plat, le peloton a pris 3mn10 de retard. La contre-attaque se matérialise à Ogévillers, où la route tourne vers le sud et où le vent est moins favorable aux premiers. « C’est le peloton qui fait la loi », explique Julien. A Reclonville, le directeur de course autorise Julien à passer la voiture du commissaire pour ravitailler Blel. Les règles sont strictes, mais la courtoisie est de rigueur. De toute façon, comme tout le monde se connaît et doit se côtoyer trois semaines et pour toutes les courses à venir, ce serait invivable sinon.

les échappésJulien et Blel échangent quelques mots à la portière ; Blel prend un bidon et une barre énergétique. Puis la voiture se laisse redépasser par les commissaires. L’écart augmente rapidement. Le premier, Chavanel, le mieux classé des cinq au classement général, a quatre, puis cinq minutes d’avance sur le groupe des Astana qui contrôle l’avant du peloton. On passe Gelacourt, Baccarat, où l’écart augmente encore, avant la montée de Deneuvre et le col de la Pêche qui sépare la Meurthe-et-Moselle des Vosges. Puis, dans la descente vers Ménil-sur-Belvitte, l’écart se stabilise à 6mn20. Julien continue à parler, cette fois dans le micro de l’oreillette, pour réguler l’effort de Blel. L’écart ré-augmente à 7mn30 à Rambervillers (double chicane), à 8mn50 à Vomécourt ; 9mn à Padoux, presque 11mn à Jeuxey, juste avant Epinal.

orageLe vent se lève soudain; le ciel s’assombrit. Un gros orage s’est formé sur notre gauche, vers le nord du massif. Passe une voiture de France Télévisions entre le peloton et les échappés. La moto de RMC se rapproche pour préparer une interview de Julien qui aura lieu finalement quelques kilomètres plus loin. Le ravitaillement est juste après Sercoeur. Dans les musettes, qui sont lourdes, de l’eau, de l’énergétique, du frais, des gels, des pâtes de fruits, des barres de céréales, de quoi se restaurer léger, et toujours les fameuses boulettes de riz, salées ou sucrées.

Georges QuirinoGeorges QuirinoLa moto de RMC se rapproche et roule contre notre voiture quelques minutes, le temps que Georges Quirino interviewe Julien dans le direct. « Il y a deux courses en une, l’étape et le classement du maillot à pois », dit Julien, qui explique aussi qu’il a reconnu l’étape avec Romain Bardet et Jean-Christophe Péraud une quinzaine de jours plus tôt. « On gère l’étape, et pas le maillot », ajoute Julien, qui ajoute que « l’écart va diminuer avec les cols ».

JRI FTVLa course entre dans Epinal par le Saut le Cerf. Les rues sont noires de monde. Le directeur sportif et son coureur de tête se parlent : météo (il pleut sur le col de Grosse Pierre et sur l’arrivée, pas encore à Epinal), avance (Blel pose souvent la question dans les trente derniers kilomètres), nutrition, encouragements (à cinq minutes d’avance ou plus au bas du premier col, la victoire est jouable). En remontant la vallée de la Moselle par la parallèle à la nationale, la pluie nous cueille à Arches, comme souvent. Le sprint à Dinozé compte pour le maillot vert, à 33km de Vagney, d’où démarre la montée du col de la Croix des Moinats, première difficulté du jour. Le parcours passe par Saint-Nabord, Remiremont, Saint-Etienne, Saint-Amé, le Syndicat, et quitte la vallée à Vagney, où la foule est impressionnante, et où un timide rayon de soleil fait une percée.

Nour-Eddine ZidaneLa pluie reprend après une courte éclaircie. Chavanel lance une attaque un peu avant le début de la montée du col de la Croix des Moinats. L’écart a fondu, mais s’est stabilisé à un peu plus de cinq minutes au pied du col. Kadri rejoint Chavanel ; les trois autres sont distancés. Julien tempère Blel pour qu’il gère et ne s’épuise pas à des efforts inutiles. « Chavanel y va en bourrin ; on le connaît, on le laisse bien bosser », commente-t-il. A mi-montée, Blel, qui mouline avec rythme, a passé Chavanel et atteint le sommet avec presque une minute d’avance. Le col lui-même est une cuvette, avec une petite remontée où Blel prend le maillot de meilleur grimpeur à Cyril Lemoine.

Blel KadripublicLa descente qui suit sur la Bresse est régulière et peu technique. La course ne descend pas jusqu’au fond de la vallée, mais reprend dès le carrefour la route du col de Grosse Pierre, non par la route actuelle, mais par la côte des Jardins qui rejoint le col par la route du Droit. La pente par endroits est à plus de 16%, avec cinq virages en épingles à cheveux. La route est si étroite, et il y a tant de monde, que Blel Kadri grimpe, à bonne allure, entre deux rangs de spectateurs qui le touchent et l’encouragent malgré la pluie battante. La voiture doit monter en première. Elle cale en pleine pente, des spectateurs et Dany le mécanicien poussent pour la redémarrer. A Grosse Pierre, dans un brouillard à couper au couteau, l’avance de Kadri sur Chavanel est d’un peu moins de 2mn, de 4mn30 sur le peloton. « Pas de risque dans la descente », crie Julien, dont la voix enfle. La descente sur les Bas-Rupt, le faux plat, la petite grimpette, puis la bascule vers Gérardmer au col du Haut de la Côte se passent sans encombres. A gauche, le lac apparaît soudain, majestueux. En ville, le public est venu nombreux. Les parapluies sont ouverts. Blel file entre deux rangs colorés qui l’acclament dans les rues de la ville.

les derniers hectomètresAu niveau de la mairie, le virage est très sec vers la Mauselaine pour entamer les deux kilomètres de la dernière montée. La pluie a redoublé ; il fait très sombre. Au dernier kilomètre, Julien crie à Blel, des larmes dans la voix « c’est gagné, est-ce que tu te rends compte de ce que tu vas ressentir en arrivant ? ». L’émotion est immense, et communicative. Dany le mécanicien essuie une larme.

A l’arrivée, Blel lève les bras, sourit, envoie des baisers à la foule. A la marque, au lieu de prendre l’allée des voitures vers la droite, Julien continue tout droit derrière son coureur, franchit lui aussi la ligne, stoppe la voiture, et court vers Blel qu’il enlace, saisi aux larmes. La suite est pour les médias.
souffler dans le ballon

L’émotion intense, je l’ai partagée aussi tout au long de cette étape. Merci encore.

col de Grosse PierreBlel Kadri  le lendemain au village départBlel Kadri en maillot à poisla magicienne du villageEt épisode #7 de « Dans la roue » d’Arnaud Mattéoli.

Arbitrage

In dessin on 12 juin 2013 at 17:33

ArbitrageStéphane Richard, PDG d’Orange, ici comme ancien chef de cabinet de Christine Lagarde, est mis en examen dans l’affaire de l’arbitrage Tapie. On peut se demander pourquoi Christine Lagarde, la ministre qui a tranché en faveur de l’arbitrage, n’est que témoin assisté.

Obsweb /10

In dessin on 29 novembre 2012 at 14:50

Orange a signé un partenariat avec le GIE de la presse… et propose aussi un horoscope en première page de son site.

Un jour sur le Tour de France 2012

In dessin on 12 juillet 2012 at 00:19

Etape 6, Epernay-Metz, 6 juillet

Saint Jean des Vignes - SoissonsOrage. Un TGV en retard. A Paris, il me faut sous l’averse courir entre les deux gares tout proches pour attraper le train pour Hirson. La pluie ne cesse que peu avant Soissons, me laissant quelque inquiétude pour l’étape du lendemain. Accueil très amical à l’hôtel par l’équipe d’Orange, Catherine, Cécile et les garçons, qui me reçoivent comme si on ne s’était pas quittés depuis un an.

Au dîner, le petit jeu des pronostics, qui doit exister en marge de toute compétition sportive, bat son plein entre les convives. Les pilotes d’Orange, les trois anciens coureurs Charly Mottet, Eric Caritoux et Patrice Esnault, se font tenir la dragée haute par Adrien, du staff, dont ils doivent bien reconnaître avec un brin de jalousie l’époustouflante culture cycliste.

Caravane: Haribo, MickeyCaravane: CarrefourCaravane: Le Coq SportifLe lendemain, liaison jusqu’à Epernay. Nous allons, les deux Catherine, faire l’étape dans la caravane publicitaire. Sur une place à l’écart du village-départ, presque vide à notre arrivée, les véhicules se rangent l’un après l’autre en file indienne. Caravane: le lion LCLCaravane: BicCaravane: l'EquipeCaravane: VittelTous sont remplis jusqu’à la gueule des cadeaux qui seront distribués toute la journée sur la route. Toutes les marques forment une mosaïque pétant de couleurs et de formes comme de gros bonbons. Certains véhicules plus qu’improbables, comme le lion LCL qui ouvre la marche, les chars à chevaux du PMU, les cyclistes géants en polystyrène posés sur des karts, la hutte d’épis de blé de Banette, une nacelle de montgolfière en osier motorisée, ou la bouée-canard jaune du journal Aujourd’hui en France, en côtoient d’autres plus classiques, simplement siglés aux couleurs de la marque ou plus discrètement décorés. La cote d’amour des deux-chevaux Cochonou en carreaux Vichy rouges est au plus haut dès le point de rassemblement, et cela se vérifiera tout au long de l’étape.

Nos véhicules, pour la marque Bic, sont des C3 aménagées. L’avant est normal, pour le conducteur et un passager; le toit est ouvert, avec un arceau de rallye à l’arrière, qui permet à une jeune fille de se tenir debout dans le véhicule, de se trémousser au rythme de la bande-son, et d’envoyer les cadeaux en s’appuyant. L’arceau est surmonté d’un totem publicitaire en polystyrène ou en plastique peint qui représente un objet de la marque. Heureusement, il ne pleuvra presque pas au long de l’étape, car nous sommes bien peu protégées.

Roméo et Juliette: un Nesquick aimait une Antargaz d'amour tendre...En attendant le signal du départ, tout le monde s’affaire autour des véhicules. Il faut briquer et faire briller, monter les drapeaux et les portiques, tester les accessoires. Beaucoup de marques font appel à des acrobates et des danseurs, certains professionnels, qui doivent s’échauffer avant l’effort. La caravane forme un petit monde à part, clos, qui vit sa vie en parallèle du Tour, sans presque jamais y toucher, ni tout à fait dedans, ni tout à fait dehors. Ce sont pour la plupart des étudiants, qui se font ainsi un peu d’argent, en voyageant, dans des conditions plutôt précaires, en travaillant dans le froid, sous la pluie, mangeant mal et dormant peu et loin des étapes. En trois semaines, ils verront très peu de choses du Tour lui-même. Comme dans tout groupe humain, les clans se forment; les accointances et les animosités aussi. Mieux vaut bien s’entendre dans une aussi petite communauté. On chahute un peu. On se donne les dernières consignes. On s’encourage. On accueille aussi quelques curieux venus chercher des cadeaux.

Cette fois, c’est parti. A la sortie du parking, un gilet jaune vérifie que les ceintures sont bien sanglées, que les harnais de sécurité sont bien accrochés, et que pas un mousqueton ne traîne. Dans un ordre bien défini, la caravane s’ébranle dans les rues d’Epernay. La foule est déjà nombreuse, alors que les coureurs passeront là dans près de deux heures. Les gens nous saluent. Difficile de savoir s’ils sont contents de nous voir, ou s’ils tendent les bras pour attirer notre attention et avoir des cadeaux. Rapidement, tout doute s’estompe: c’est bien pour les cadeaux qu’on nous acclame avec tant d’entrain.

Pour les chauffeurs des véhicules, la conduite est assez technique. Il faut tout à la fois coller d’assez près le véhicule qui précède, en quinconce pour distribuer à gauche et à droite de la route, et serrer au plus près les côtés en prenant garde à l’imprudence des spectateurs, qui sont bien souvent inconscients du danger. La route est fermée, ce qui n’exclut pas la vigilance. Les ronds-points, bien indiqués par une signalétique spéciale, ne sont plus les pièges qu’ils étaient il y a quelques années. Pour autant, il y a souvent là plus de monde qu’ailleurs. Pour les lanceurs, il faut envoyer au sol, aux pieds, pour ne pas risquer de blesser, et faire attention à ne pas trop frôler la foule: on se fait facilement pincer ou attraper le bras. Dès que les véhicules ralentissent ou s’arrêtent, la foule s’agglutine en sollicitant des cadeaux. On zigzague parfois lorsqu’il faut laisser passer une voiture officielle, un véhicule de la caravane qui remonte la file après un arrêt, ou les breaks des équipes chargés des vélos qui filent vers l’arrivée. Les bandes-son qui tournent en boucle au-dessus de nous sont courtes et gueulardes, et se répètent à en devenir entêtantes. Pas d’arrêts prévus pour la caravane. Comme pour les coureurs, les pauses se feront en rase campagne, au petit bonheur la chance, à charge ensuite de remonter la caravane pour retrouver sa place dans la file.

Au centre-ville, les spectateurs se tassent derrière les barrières, se disputant parfois pour les meilleures places. Dans les faubourgs, les rangs s’éclaircissent. Dès qu’on sort de la ville ce ne sont plus que de petits groupes épars. Mais à chaque carrefour, à chaque parking, chaque petite côte, les gens sont plus nombreux. Ils viennent à pied, à vélo, en voiture ou en camping car. Une cavalière nous suit quelques instants. Les villages sont pavoisés, ont sorti leurs plus beaux atours, et parfois en profitent pour organiser une fête.

Châlons-en-ChampagneNous traversons la Brie champenoise, puis la Champagne crayeuse. Les villages sont à colombages. Champs de blé, d’orge, pommes de terre, navets, luzerne, tournesols, des forêts. A Châlons, la foule est à nouveau nombreuse, au plus serrée près de la cathédrale. Puis, en campagne, l’heure s’avançant, ce sont des pique-niques que l’on commence à voir fleurir au bord de la route. Les drapeaux sont nombreux, de toutes les nationalités représentées sur le Tour.

GorzeAprès la Champagne, ce sont l’Argonne, le Barrois, la Woëvre, puis le plateau lorrain et le Pays messin. La petite côte de Buxières, après Saint-Mihiel, classée en quatrième catégorie, est en principe la seule difficulté du jour. Au débouché du défilé des Eparges, la Woëvre, après les paysages fermés de Champagne, offre le vaste panorama de la Madine au regard. Puis c’est à nouveau le plateau, Chambley et sa base aérienne, Gorze, et la descente sur Metz.

ArrivéePompidou-MetzCentre de presse aux ArènesA l’arrivée aux Arènes, derrière le centre Pompidou-Metz, à peine déposées par nos pilotes, nous filons rejoindre Benjamin qui nous fait visiter le dispositif d’Orange pour la diffusion et le centre de presse de 450 places installé dans la salle du palais des sports. Orange équipe ce centre de presse volant qui change de place chaque jour, pas toujours aussi confortablement installé que dans la salle omnisport, en fournissant à chaque poste de travail des moyens de communication adaptés aux besoins de journalistes, de photographes, de cameramen et de radioreporters. Ces moyens mis à disposition sont payants par un système de tickets, et sont autonomes et sécurisés, doublés pour minimiser les risques de panne. Les équipements de transmission sont différents au village-départ et au village-arrivée. Celui des arrivées est beaucoup plus complexe, et beaucoup plus long à installer. Il met en œuvre des techniciens locaux, qui travaillent surtout en amont depuis plusieurs semaines avant l’arrivée du Tour de France, et d’autres qui se déplacent avec d’étape en étape, démontant le soir après que tout le monde soit parti pour remonter plus loin avant que tout le monde n’arrive.

Vite, on court ensuite vers la ligne d’arrivée, juste à temps pour boire un verre et voir Peter Sagan remporter l’étape au sprint, juste avant l’orage, puis ses poursuivants, étalés dans le temps après l’énorme chute des hauts de Gorze.

Pour repartir prendre le train, Metz n’est qu’un immense embouteillage, un entrelacs de travaux et des encombrements dûs au Tour. Mais je repars avec une grosse envie, celle de revenir sur une étape ou plus l’an prochain.

(Dessin demain… si je peux!)

Arrivée au sommet

In dessin on 22 juillet 2011 at 17:38

Un Tour de France pour les grimpeursPlus que jamais, le Tour de France 2011 se joue dans la montagne.

D’abord, parce que les Alpes sont placées très tard dans le parcours, très proches de l’arrivée, et aussi parce qu’il y a peu de contre la montre cette année (me soufflait mardi un spécialiste, lui-même ancien coureur, et en son temps quatrième du Tour).

On pourrait donc imaginer une dernière étape parisienne plus amusante que le sempiternel tour des Champs-Elysées en contre la montre, qui permet surtout à ceux qui n’ont pas trop brillé précédemment de se montrer à leur avantage, parfois une coupe de champagne à la main, devant un public nombreux (si on est méchant).

Et si, pour s’amuser un peu, on imaginait un circuit parisien fait lui aussi pour les grimpeurs?

Passage par le mont Valérien, entrée dans la capitale par Passy, la Butte aux Cailles, Ménilmontant, rue du Télégraphe, Buttes-Chaumont, Belleville, et pour finir, arrivée sur la butte Montmartre?

Mis à part cela, Thomas Voeckler n’aura pas à rougir de son superbe tour, et Pierre Rolland de sa magnifique victoire d’étape, à l’Alpe d’Huez de surcroît.


Un grand merci à Orange qui m’a invitée mardi pour une journée sur le parcours du Tour.
Mon billet sur le site d’Orange.

Nicolas Sarkozy partout

In dessin on 11 juin 2010 at 09:22


Le chef de l’Etat s’opposerait à la proposition de reprise du Monde par Pierre Bergé, Mathieu Pigasse et Xavier Niel, et aurait incité Orange à se porter sur les rangs. Après chef de tout, patron de tout le monde, DRH de l’humanité (tiens, non, pas l’Huma), le voici désormais capitaine d’industrie.

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